De la plume au pinceau : PEINDRE entre les mots, PEINDRE contre les maux

Michele Ansermet-Papadopoulos

C'est en 2012, lors des Hivernales de Montreuil que nous venions de créer, que pour la première fois nous avons croisé la route de cette artiste.

Dans le vaste panorama de la création contemporaine, ses oeuvres nous intriguèrent à tel point que dès le soir du vernissage, nous attendîmes la fermeture des portes pour y regarder de plus près, en toute tranquillité...

Si l'enchevêtrement des écrits, des formes et de la couleur témoignait d'une profonde originalité, la formulation plastique avait ceci d'inouïe qu'elle parvenait à exprimer dans un même espace pictural les préoccupations éthiques et esthétiques de l'artiste !

Cette caractéristique est bien la " marque de fabrique " de notre artiste, celle d'un style inimitable, immédiatement identifiable.

Si la référence au Lettrisme, avant garde sulfureuse des années 50_60, nous effleure, on l'abandonne aussitôt.

De fait, Isidore Isou et ses congénères ont ouvert un nouveau champs plastique en donnant à l'organisation des éléments alphabétiques une dimension extra-sensorielle.

Toutefois, tel n'est pas le propos de Michèle Ansermet Papadopoulos.

La proximité avec Ben serait à priori plus évidente, tous deux enracinant leur vocabulaire dans une mémoire " écolière "

Quand le premier utiliserait la craie blanche sur le fond noire de l'ardoise noire pour n'écrire qu'une seule phrase, la seconde utiliserait la plume noir sur un fond de page blanche pour la couvrir de mots de couleurs rutilantes... Tout les sépare donc.

Totalement engagée dans sa peinture - étonnamment vaste, sa culture picturale fait parfois surgir ici et là les fantômes de Fernand Léger, Dubuffet, Chaissac, Matisse, Cocteau, Miro, Picasso ou...Ingres qu'elle revisite à son tour !

Michèle Ansermet Papadopoulos se suffit d'être elle même.

En toute simplicité.

Ayant parfaitement assimilé la modernité du siècle dernier, elle a su éviter le piège qui frappe tant d'épigones ; à l'évidence, c'est dans son propre fond qu'elle puise essentiellement.

L'agrégation des formes, des lignes, des mots, des rythmes et des teintes les plus sonores compose une partition picturale unique dont l'effet décoratif jubilatoire provoque une séduction oculaire immédiate.

Un langage direct et vivant, d'une jeunesse étonnante, ou la dénonciation par le verbe des injustices et des impostures -

ART = DOLL - ART - Corrruption, etc se conjugue avec les signes figuratifs des corps et objets qui s'entrelacent sur des aplats géométriques de couleurs pures... Un art singulier témoignant d'une haute maitrise des contrastes, contrastes de lignes, de couleurs, de rythmes et de motifs. Une incantation plastique sans équivalent dans la peinture de notre temps.

L'oeuvre majeure, ART = DOLL - ART - pourrait synthétiser à elle seule le vocabulaire de Michèle Ansermet Papadopoulos.

On se demande comment elle parvient à rendre cohérent ce déploiement de formes les plus inattendues sans tomber dans un effet de gribouillage désastreux ! Mais le miracle opère.

Non seulement l'oeuvre affirme une architecture des plus solides, mais il s'en dégage une telle intensité plastique qu'une fois nos yeux plongés dans son univers, il ne nous quitte plus ! Jouant en virtuose avec la gaucherie de l'enfance, elle multiplie les arabesques, s'amuse des mots qu'elle zoome en fonction de leur importance éthique et graphiques les plus divers dans l'entrelacement des corps donnant à cette diversité plastique l'évidence d'une esthétique aussi contrôlée qu'authentique !

Telle est l'alchimie réussie d'une artiste dévoilant les interrogations fiévreuses de sa conscience et l'intériorité de son âme par les moyens plastiques de la peintures afin de créer, sans complexe aucun et comme un pied de nez au culte du sale qui nous envahit, de la beauté.

" Est beau " disait Kandinsky, " ce qui procède d'une nécessité intérieure de l'âme. Est beau ce qui est beau intérieurement."

C'est dire combien l'oeuvre de Michèle Ansermet Papadopoulos est belle ! C'est dire combien elle nous est nécessaire !

Texte de Noel Coret

Ecrivain d'Art

Titre 6
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Prix Ch. Peugeot 2016

Alain SNYERS

Sortie de l'ENSAD en 1971, Michele Ansermet Papadopoulos est lauréate du prix de peinture 2016 du Salon d'Automne de Paris, pour son oeuvre BATACLAN.

L'oeuvre de Michèle Ansermet Papadopoulos se veut délibérément politique en faisant référence aux réalités du monde contemporain.

Par ses peintures, elle cherche à informer sur des injustices, à dénoncer des scandales internationaux que ce soit les dérives bancaires, les drames de l'exil, les dangers du nucléaire ou encore la violence terroriste.

Les toiles de Michèle Ansermet Papadopoulos, colorées et joyeuses d'apparence, portent en elles par les mots et les slogans inscrits, une dénonciation et un appel à la conscience citoyenne.

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